chronique en pdf
chronique par André Métayer
Retrouvez les chroniques précédentes
Trajet suivi par la lettre : de Waterford à Dublin puis vers Londres, Douvres, Calais, Paris et Saint-Malo.
<= Lettre du 9 avril 1718 avec la marque postale D’ANGLETERRE destinée à Monsieur HERMONT a sa maison rue des juifs à St Malo avec la mention manuscrite « port payé jusques à Londre 10 d ». Taxe 16 sols. Au verso, marque de départ W.FORD (Waterford est un port d’Irlande).
> " LETTRE DU 9 AVRIL 1718 DE WATERFORD (Irlande à SAINT-MALO) "
Aujourd’hui, la rue des juifs est la rue Chateaubriand à Saint-Malo. Le personnage évoqué dans la lettre est sans doute Guillaume White (1669-1739) fils aîné de François White qui arriva à Saint-Malo dans les années 1650. Comme il se doit, il alla se former et travailler en Espagne (Andalousie et en particulier Cadix). Revenu à Saint-Malo dans les années 1705, il s’y établit comme négociant, participant aux armements interlopes, à la compagnie d’assurance de Saint-Malo en 1707-1713. Compte tenu de son origine étrangère, il eut du mal à se faire accepter par la noblesse mais obtint du Roi son statut de noble en 1716. Doté d’une belle fortune, il fit construire en 1711 un hôtel particulier lors du premier accroissement de Saint-Malo face à la porte Saint-Vincent. Il s’agissait d’une bâtisse de trois à façade de pierre de taille. L'armateur René-Auguste de Chateaubriand, père du futur écrivain, y a habité avec sa famille. Au second étage demeurait la famille Gesril du Papeu, dont le fils Joseph, dit « Joson », devient le turbulent compagnon d'enfance du jeune Chateaubriand. En 1776, un incendie oblige les Chateaubriand à regagner leur ancienne maison de la rue des Juifs. L'immeuble a été presque totalement détruit en août 1944. Il n'en reste plus que les deux colonnes de l'entrée et la façade latérale sur la rue Garengeau. Les façades ont été scrupuleusement reconstituées à l'identique. La famille White d’origine Irlandais vit s’installer à Saint-Malo dans les années 1650 et d’autres parents viendront d’y réfugier après 1690 suite à la « Révolution glorieuse ». Cette révolution fut décrite comme étant pacifique (1688-1689) mais il y eut quand même des combats sévères entre catholiques et orangistes et également à cause de la sanglante contre-révolution qui s’ensuivit en Irlande peu de temps après. Ce qui provoqua l’exode de nombreux irlandais catholiques en France notamment à Nantes et St Malo. Cette révolution eut pour conséquence le renversement de Jacques II d’Ecosse (catholique) et son remplacement par Guillaume d’Orange, qui avait envahi l’Angleterre à la demande du parti whig majoritaire au Parlement qui voulait se débarrasser des catholiques et instituer une monarchie constitutionnelle et parlementaire à la place du gouvernement autocratique des Stuarts. Guillaume d’Orange déclencha les hostilités en débarquant le 5 novembre 1688 à Brixham en Irlande avec une armée hollandaise composée de 14000 mercenaires en service aux Pays-Bas et 7000 soldats (huguenots et volontaires anglais et écossais). Jacques II pris de panique se réfugia en France. Guillaume d’Orange en profita pour prendre le pouvoir en Angleterre à son arrivée à Londres le 28 décembre 1688. A cette même époque, en 1685, l’Edit de Nantes fut révoqué par Louis XIV ce qui provoqua un exode très important des protestants français vers les Provinces-Unies des Pays-Bas. Les partisans de Jacques II refusèrent l’allégeance à Guillaume d’Orange furent appelés les jacobites. Ils se réfugièrent en France le 2 janvier 1689 et furent accueillis à Versailles le 22 janvier 1689. Ils préparèrent le débarquement de Kinsale qui eut lieu le 12 mars 1689 avec 10000 soldats français. Ceux-ci alliés avec les catholiques irlandais et écossais furent écrasés en 1690 lors de la bataille de la Boyne en Irlande. Une autre tentative de débarquement organisée par Louis XIV et Louvois eut lieu en 1692 mais sans succès. Dans les années 1700, les Jacobites s’installèrent à Nantes où une colonie irlandaise existait déjà (notamment la famille Walsh) Ils furent très actifs dans le grand commerce maritime. Ils maintiennent pendant longtemps des relations avec l’Irlande jusqu’en 1741, année de la dernière tentative de débarquement.
Selon la convention du 2 novembre 1713, les lettres d’Angleterre étaient affranchies jusqu’à Londres seulement. Les taxes s’expliquent de la manière suivante : « Jusqu’à londres « (tarif Act 9 Ann, cap 10 du 1er juin 1711) 10 d : Waterford-Dublin (distance supérieure à 40 miles) 4 d Dublin-Londres 6 d Total payé au départ à Waterford 10d * de Londres à Paris (tarif du 1er janvier 1704) 10 sols * de Paris à St Malo (de 60 à 80 lieues selon le tarif de 1704) 6 sols * soit un total de 16 sols. A leur arrivée en France, la lettre d’Angleterre est frappée de la marque d’origine linéaire « D’ANGLETERRE » (c’est le cas ici). Comme la lettre est destinée à St Malo, elle est comprise dans la dépêche de Paris.
Mentions légales - Conditions - Contacts
la SPRAccueil
Agenda Liens Publication Adhésion ContactSociété Philatélique de Rennes
Chronique ServicesBienvenue sur le site de la SPR
Copyright 2009
Mentions légales - Conditions - Contacts